Témoignages

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Contact

Soutien au projet :

Sophie Mérigot
sophie.merigot(at)habitat-humanisme.org
04 78 30 30 50

Entreprendre pour Humaniser la Dépendance
69 Chemin de vassieux
69300 Caluire et Cuire

Acteurs locaux et partenaires : leur point de vue

Corinne BEBIN, Adjointe au Maire en charge des affaires sociales

Comment a germé l'idée du projet de la plateforme de services pour les personnes âgées dépendantes Lépine Providence ?

L'idée de ce projet n'a pas germé, elle est tombée " comme un fruit mûr ".  Les demandes étaient claires, les attentes étaient fortes, et les acteurs du territoire étaient déjà   très investis dans la prise en charge de cette période de vie que nous serons tous conduits à  traverser, celle de l'avancée en âge.

Il fallait se retrousser les manches en écoutant toutes les voix, même les plus faibles, et surtout en écoutant les silences. Ce sont les silences qui en disent le plus long sur ce sujet !

Quels impératifs et quels objectifs ont primé lors de la conception du projet ?

Deux objectifs ont primé : tout d'abord la liberté, la liberté pour la personne âgée de choisir le lieu où elle se sent le plus en sécurité, le moins isolée, le plus accompagnée en fonction d'une histoire, toujours singulière, d'un environnement lui aussi singulier, et  bien sûr, en fonction de ses besoins.

Le deuxième : la complémentarité des compétences à  un coût accessible à  tous ; il nous fallait réunir sur un même lieu ou dans une même organisation, toutes les compétences des différents métiers que sont les assistantes sociales, les auxiliaires de vie, les agents hôteliers, les aides soignants, les infirmiers, les kinésithérapeutes, les pédicures, les gériatres, etc. pour établir une chaîne ininterrompue à  la disposition des séniors du territoire. Ces compétences doivent s'exercer quelle que soit la structure qui les gèrent : Service de Soins à  Domicile,  Accueil de jour, consultation mémoire, ou encore établissement.

Et que dire du partenariat avec Entreprendre pour Humaniser la Dépendance ?

Qu'il nous fallait trouver un partenaire qui comprenne ces deux impératifs et qui, dans le même temps, accepte un projet audacieux, hors des chemins tracés. Dans le monde actuel où l'individualisme et la productivité dominent, ces partenaires se comptent sur les doigts de la main...

La ville inaugure une gestion novatrice pour ce type de structures, pouvez vous nous en dire davantage ?

Il fallait imaginer une forme juridique qui illustre cette " mobilisation générale ". Devant l'ampleur du défi, chacun avait conscience qu'il ne pouvait rien seul. Une société coopérative est un outil juridique qui répond bien à  cet objectif car chaque groupe d'acteurs est représenté à  l'Assemblée Générale, et  chacun désigne un administrateur, lequel est leur porte parole. Vous pouvez donc aisément imaginer que c'est le juste équilibre entre l'intérêt du  bénéficiaire, du salarié, du financeur et du garant de l'intérêt général qui permet la pérennité d'un tel projet. L'innovation vient même se nicher dans le droit. Qui l'eut cru ?

Dans le cadre du financement  de ce projet, la ville offre une opportunité nouvelle aux Versaillais, quelle est-elle ?

La conjoncture actuelle nous montre que la production de richesse débridée perdant de vue  l'intérêt de l'Homme est une impasse sociétale. La ville de Versailles a la chance de compter de nombreux habitants qui souhaitent rester en alerte sur ces sujets. Le nombre de bénévoles versaillais œuvrant pour Habitat et Humanisme ainsi que le nombre de mécénats de compétence en sont l'illustration. Nous voulions capitaliser cette formidable richesse du territoire.  Nous proposons aux Versaillais une nouvelle forme d'investissement : un investissement en numéraire mais qui est lié à  un investissement personnel.

Il ne s'agit pas d'être utopistes, et de produire de la richesse à  fond perdu, il s'agit de donner l'occasion de faire de cette richesse une fierté et non une honte.

Bernard DEVERT, Président-Fondateur d'Habitat & Humanisme

Qu'est-ce qui vous a séduit dans le projet porté par la ville de Versailles et son CCAS ?

L'innovation, tant l'enjeu sociétal que représente la prise en charge de la dépendance est  majeur pour la cohésion sociale. La population vieillit alors que dans le même temps la solitude s'aggrave. Qui peut accepter que le grand âge soit occulté ; il n'est ni une maladie, ni un naufrage mais il appelle en revanche le suffrage de tous pour que nos aînés se sentent entourés ; j'ose dire aimés.

Pourquoi la création d'une SCIC pilotée de façon conjointe par le CCAS et EHD ?

La réussite du  programme envisagé exige que soient réunies les compétences des acteurs de soins et du 'prendre soin' et celles d'acteurs engagés dans l'économie solidaire.

Le CCAS  accompagne les personnes dans leur traversée des difficultés ; Entreprendre pour Humaniser la Dépendance  est la première société coopérative d'intérêt collectif  en France qui, pour bénéficier de l'expérience d'Habitat et Humanisme, s'investit dans un financement solidaire pour parvenir à  des coûts d'hébergement maîtrisés en cohérence avec les retraites.

Le statut de SCIC permet  à  la Ville de mettre en œuvre et de sécuriser la destination solidaire de l'établissement, sans être majoritaire dans le capital de la société.

Vous semble-t-il important que les Versaillais s'emparent du projet ?

La solidarité ne s'affiche pas, elle se vit par et pour les bénéficiaires de l'établissement. Cet EHPAD doit être regardé pour ce qu'il est, un lieu de vigilance, de respect pour ceux qui, à  un moment de leur vie, éprouvent une plus grande solitude parfois une angoisse suscitant cette interrogation silencieuse : qui peut m'aider alors qu'isolé j'ai peine à  me mouvoir ?

L'espace Lépine- Providence est un  lieu de tendresse qui honore les Versaillais pour s'attacher à  trouver des réponses nouvelles pour le bien vieillir, lequel  se pose de façon renouvelée, attendu que c'est  la 1ère fois dans l'histoire qu'il est aussi important.

Et que répondriez-vous aux sceptiques ?

Qu'ils n'attendent pas d'être confrontés directement ou indirectement par la fragilité pour saisir l'intérêt d'une telle maison.

Une initiative que vous seriez prêts à  réitérer ?

La réflexion des élus, du CCAS, d'EHD et HH n'est pas de sortir un modèle unique mais bien de le modéliser pour que l'expérience acquise soit renouvelable. La solidarité est au service de l'intérêt général et du bien commun.

Docteur AQUINO, Directeur de la Clinique de la Porte Verte

"Même si le vieillissement n'implique pas nécessairement la dépendance, y compris à  un âge avancé,  il convient d'accompagner les personnes concernées par une perte d'autonomie.

Le projet de Lépine Providence répond de manière pertinente et innovante à  ce besoin, en prévoyant de créer une plateforme de services gradués, du domicile à  l'hébergement. Ainsi, cette plateforme disposera d'un EHPAD, d'un SSIAD avec une ESA, et d'un accueil de jour. Une société coopérative d'intérêt collectif, portée par le CCAS et créée avec Entreprendre pour Humaniser la Dépendance (partenaire d'Habitat et humanisme), permet d'associer les Versaillais au financement du projet."